RONGORONGO :
UN NOUVEAU REGARD
SUR LA
BANQUE DE DONNEES
DE
MONSEIGNEUR FLORENTIN ETIENNE JAUSSEN
Page en
construction avril 2008
Copyright Lorena Bettocchi
Florentin Etienne
Jaussen, humaniste et linguiste, évêque
d’Axieri, fut nommé vicaire apostolique de Tahiti le 15
février 1849. En tant que membre de la congrégation des SS. CC. de Picpus, il
prit sous sa «juridiction» la lointaine
Ile de Pâques, dès lors qu’un membre de la congrégation fut présent sur l’île,
chargé d’une mission d’évangélisation. Monseigneur Tepano Jaussen, dans le
Pacifique, ne représentait pas la France[1]. Sa mission en qualité de Vicaire apostolique
s’acheva en 1884. Le 15 mai, c’est Monseigneur Verdier qui le remplaça. De 1884
à 1891, il se consacra à la réécriture de ses notes et le témoignage qu’il nous
a laissé constitue pour les Polynésiens une banque de données de valeur. Les
Pascuans l’appelèrent Tepano. C’était
leur manière particulière de
prononcer le prénom d’Esteban. Il aima et protégea le peuple Pascuan autant
qu’il le pût. En 1862, collaborant avec le gouverneur des Etablissements
français de l’Océanie, Monsieur de la Richerie, il lutta activement contre la
traite des Maori et œuvra pour leur
rapatriement. Il ne relâcha jamais sa vigilance à leur sujet. Il prit part à la décision qui envoya le frère Eugène Eyraud en éclaireur[2]. Le séjour du mécanicien français commença le
3 janvier 1863 et ayant été douloureux dès le premier jour, Monseigneur Tepano
Jaussen aida à la mise en place d’une deuxième mission. Le
Frère Eygène Heyraud, avait déjà une
expérience de 9 mois avec les natifs et fut épaulé cette fois-ci par le Père
Hippolyte Roussel qui avait accompli une mission de 10 ans dans les îles
Gambier et parlait la langue de Mangareva, proche de la langue rapanui. Le Père
Théodule Escolan et le Père
Gaspard Zumbohm prirent part à la mission, également. Tous professant à
Rapanui, sous la tutelle des Sagrados Corazones de Jesus y Maria, dont le siège
était à Valparaiso. La mission débuta le 3 mars 1866 et prit fin le 20 février
1871. Durant cette époque Monseigneur Tepano Jaussen ne visita pas l’Ile de
Pâques. Il s’y rendit en avril 1888 alors qu’il était à la retraite, et administra la confirmation à 188 indigènes[3]
LA BANQUE DE
DONNEES SUR LE RONGORONGO
Reprendre toutes
les notes de la banque de données sur le rongorongo constituerait un volume de
plus de 300 pages. Pour l’heure, nous
allons essayer de revoir cette banque de données d’une façon plus positive, car
on a souvent écrit que son répertoire n’était pas utilisable pour
déchiffrer le rongorongo. C’est
évident ! Tout d’abord pour la raison que les familles de signes sont
incomplètes du fait des tablettes perdues et brûlées. Il ne faut point rêver.
On ne lira jamais plus l’ancienne
écriture, si tant est qu’elle se lisait. Et pour l’autre raison que le
répertoire était parsemé d’erreurs. Mais
les informations collectées dès 1869 ont de la valeur en ethnolinguistique:
elles positionnent la manière d’appréhender
le rongorongo par un Pascuan,
ancien élève des écoles initiatiques, de
l’époque qui a suivi la chute du roi Nga-ara initié en écritures. Les souvenirs
en la matière furent bien pauvres, Monseigneur Tepano Jaussen le jugea
ainsi. Il laissa à la disposition des
actuels chercheurs, classées en différents lieux, Valparaiso, Rome, Chartres ou
Tahiti, les originaux ou copies des notes
manuscrites:
1)
La correspondance de Monseigneur Tepano
Jaussen
2)
Le manuscrit « L’empire
Maori »
3)
Les récitations de Metoro
4)
Le manuscrit « Écriture de l’Ile de
Pâques », qui a servi par la suite au Père Ildefonse Alezard pour publier
l’ouvrage à titre posthume
5)
Le répertoire provisoire des signes
boustrophédon
6)
Et diverses copies de documents comme les
photos de ses tablettes ou les photos de ses moulages, datant de l’époque où il était vicaire apostolique de Tahiti et
qu’il reçut Thomson (1886).
Nous allons
présenter quelques uns de ces différents documents :
I – LE MANUSCRIT « L’EMPIRE
MAORI » ET L’ECRITURE RONGORONGO